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Selon
le schéma conceptuel général de la communication, tout message ou propos consiste
dans la "formulation de relations entre désignations". (Pottier
74, § 44)

Le contenu qui est formulé peut s'appeler le
thème
, et celui-ci s'analyse comme la relation entre une entité
et un comportement
.(opus cit., § 34-36)

soit le schème conceptuel
:

La relation peut prendre toute les valeurs
possibles, dont les plus remarquables sont :

Le cadre syntaxique (formel) français impose
pour l'énoncé une Base (B),
correspondant à l'entité
posée, dotée d'une vision d'indépendance, qui a pour centre
un élément nominal, et un Prédicat
(PR), correspondant au comportement
, lié à une vision de dépendance
. Il a pour centre un complexe
verbal
, un complexe adjectival
, ou un complexe substantival
.
Substantif
:
éducation
Complexe verbal
:
contribuer à
Complexe adjectival
:
(être) conçu
Complexe substantival
:
(être) la première priorité
L'un de ces composants peut être représenté
en tant que variable, signifiant
"place d'un élément nominal" par exemple. Une
croix à l'intérieur de l'élément le signalera :
,
,
Pour un composant nul, on choisira une représentation
en pointillé :
,
La Base et le Prédicat peuvent recouvrir des
ensembles plus ou moins complexes
, cette complexité s'exprimant dans des schèmes
d'entendement
. Ces schèmes d'entendement sont d'abord perçu sous une forme intégrée
(SI) et peuvent se décomposer en schèmes d'entendement élémentaires
(SE).
"L'éducation est la première priorité nationale"




Ce qui
se traduit par trois énoncés juxtaposés :
"l'éducation
est une priorité"
"la
priorité est nationale"
"la
priorité est la première"
Ou
encore, avec mise en dépendance
:
"l'éducation
est une priorité"
"cette
priorité est nationale"
"cette
priorité est également la première"
Ou
encore :
"L'éducation
est une priorité, qui est nationale, et est la première."
"Cette
priorité est la première et nationale"

La
mauvaise économie de cette structure conduit à un degré d'intégration
plus élevé, par adjectivation
.
D'où
la formule finale :

"Le
service public de l'éducation est conçu et organisé en fonction des
élèves et des étudiants."
Cet
énoncé appelle plusieurs observations.
1)
Dans cet énoncé, la base
apparente est "le
service public de l'éducation". En réalité, nous sommes dans une
tournure passive impersonnelle, très utilisée dans les textes
normatifs, qui n'existe pas dans toutes les langues. La base réelle
n'est pas exprimée. Elle pourrait être représentée par un
"on" impersonnel, par le mot "collectivité", par
l'expression "les autorités compétentes", mais l'on convient
que cet emploi
d'un terme collectif impersonnel n'apporterait aucune
information supplémentaire pertinente par rapport à la tournure
passive impersonnelle (sans l'agentif
), qui dès lors s'avère plus concise et élégante.
D'où
le schème conceptuel
:
X
2)
Par rapport au premier énoncé, celui-ci présente un type de relation exocentrique
ou équilibré, soit une relation "active
", par opposition au type de relation dont les valeurs vont de endocentrique
à équilibré, et qui est dite "attributive
" (opus cit., § 44-46 et 114).

La nature de la relation détermine la diathèse
, attributive
ou active
(cf. p. 29
)
3)
Nous avons un cas à trois actants
: la base
impersonnelle, le "service public de l'éducation",
et les "élèves et étudiants". Ces trois actants, se situent
sur l'axe d'actance
, car ils sont engagés directement dans la présentation de l'évènement
(cf. ci-après).
4)
L'énoncé présente un cas intéressant de factorisation
, phénomène qui se manifeste lorsque dans deux schèmes fondamentaux, un
élément se répète. Au cas particulier

SI2 est en fait composé de quatre schèmes d'entendement
:




L'opération
de factorisation
peut s'écrire ainsi :

"Il contribue à l'égalité des chances".

La
base
étant un substitut de
"service public de l'éducation", le schème d'entendement est
le suivant :

Le modèle
actanciel
donne la structure générale du schème
intégré
, dont sera dérivé au plan syntaxique l’énoncé simple (Pottier
1974, § 46 à 54).
Ce
modèle
repose sur la distinction
entre l'axe d'actance
qui porte les actants
qui participent directement à la relation, et l'axe
de dépendance
( ou axe de
sub-ordinations) qui porte les autres.
L’actance
est l’axe sur lequel se situent les actants
engagés directement dans la présentation de l’événement.
L’actance
se divise en actance
primaire
et actance
secondaire
.
L’actance
primaire
concerne les actants
qui sont les composants irréductibles de la relation
attributive
ou active
.
L’actance
secondaire
concerne les éléments qui se situent logiquement avant ou
après.
La dépendance
permet de définir le repérage spatial, temporel ou notionnel
de l’événement.
Actance primaire, actance
secondaire
avant et après, et dépendance
peuvent être représentées en trois zones selon le schéma
suivant :
- I : zone centrale : actance
primaire
- II : zone de l’actance
secondaire
- III : zone de dépendance
L’importance de cette représentation
sera explicitée dans le corps de l’analyse.
Dans la zone centrale se rencontre le
nominatif
, l'ergatif (agissant, puissant) et l'accusatif (subissant, non puissant).
Dans la zone d'actance
secondaire
se manifeste les cas causal
(parce que…), instrumental
(avec…), agentif
(par…), datif
(à…), bénéfactif
(pour…), final
(pour…).
La zone de dépendance
est celle du locatif
qui se distribue dans le temps (locatif temporel
), l'espace (locatif spatial
), et le domaine
notionnel
(locatif notionnel
). Cette zone comprend également le sociatif
qui n'est peut-être pas aussi marginal que le dit B. Pottier
("ils sont partis en
vacances avec des amis").
La
diathèse
(opus
cit., § 114-128, TAL, 1992, p. 131)
"L'éducation est la première
priorité nationale."
Diathèse attributive
, un actant
, contenu descriptif
.
"le service public de l'éducation
est conçu et organisé en fonction des élèves et des étudiants."
Diathèse
attributive
, deux actants
, l'actant principal, le
"service public de l'éducation", l'actant secondaire, les
"élèves et étudiants", contenu descriptif
.
En présence de la tournure passive,
on assiste à un transfert
de diathèse
. La forme active
serait : « (la collectivité) conçoit et
organise... », et comprendrait trois actants
.
"Il contribue à l'égalité
des chances."
Diathèse active
.
Les éléments liés en compétence
forment les modules casuels.
Le second alinéa de l'article 1
comprend trois modules casuels :
"Concevoir
qlqch. en fonction de qlq'un"
ACCUSATIF.CAUSATIF.
"Organiser
qqch. en fonction de qq'un"
ACC., CAU.

"Contribuer
à qqch."
DATIF.

La
vision (opus
cit., § 155 et suiv.)
La vision
comporte trois paramètres :
- l'orientation selon
lequel le schème est parcouru en performance :
- orientation directe (DIR) , de la base
vers le prédicat
.
- orientation inverse (INV) du prédicat
vers la base
. L'orientation inverse est typique de la tournure passive.
- la visée
. C'est le point de départ choisi sur l'orientation.
- la sélection.
C'est le nombre des éléments retenus. Un élément peut ne pas être
exprimé.
"L'éducation est la première
priorité nationale."


"le service public de l'éducation
est conçu et organisé en fonction des élèves et des étudiants."


"Il
contribue à l'égalité des chances."


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