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Lien
avec Sémantique Générale
On peut mettre également en relation le chapitre 10
de TAL « Voix et prédication » et le chapitre VIII de Sémantique
Générale « L’événement » ou B. Pottier, s’inspirant
des représentations catastrophiques de René Thom, présentent les cinq
aires événementielles :
L’aire
existentielle
Une entité existe dans l’espace et dans le temps.
L’aire
a
Une propriété peut lui être affectée
(« Jean/être grand »). Une activité peut émaner d’elle
(« Jean/marcher).
L’aire
l
L’entité peut également entrer en relation avec
le monde objectif, c’est la localisation (« Jean est dans
le jardin »).
L’aire
b
L’entité peut faire montre d’activité. Les activités issues de
la base sont regroupées dans l’aire de l’activité m
.
L’aire
m
Si l’entité entre en relation avec le monde
subjectif («Jean regarde la télévision »), c’est le domaine
de la cognitivité (sensations, intellection, modalisation).
La
rosace des possibles positionnels
D’où cinq aires événementielles données par le
schéma suivant :

Le quart nord-ouest est endocentrique (les deux
flèches vont dans le même sens). C'est le domaine des PROPRIETES
"α".
Le quart sud-est est exocentrique. Il recouvre les
ACTIVITES "β".
Le quart nord-est est mixte, et établit les
relations de LOCALISATION "γ".
Le quart sud-ouest est mixte, et établit les
relations de COGNITIVITE "μ".
Ce support sémantique a selon B. Pottier une valeur
universelle. Il se situe au niveau noémique ou conceptuel, au-delà de
toute langue naturelle. Au-dessous, ce sont les spécificités des LN
qui apparaissent et en particulier les voix qui semblent propres à
chaque langue ou à chaque famille de langues.
Deux grandes caractéristiques sont à souligner.
D’abord, l’affinité de cette représentation
avec les voix qui relèvent du niveau linguistique est évidente, même
si le découpage ne correspond pas exactement. L’aire a
comprend les lexèmes de la voix descriptive 1 et 3, ainsi que l’équatif.
L’aire l recouvre les situatifs spatiaux,
temporel et notionnel. L’aire m correspond
à la voix subjective. L’aire b enfin
correspond à la voix descriptive 2 et à tous les cas de causatif.
Ensuite, les limites entre ces grandes classes sont
des limites floues. Dans une situation concrète de communication,
chaque aire peut interférer avec une autre, b
avec l (« untel porte la lampe sur la
table »), b avec a
(« le peintre blanchit le mur »), avec $
ou avec m (« untel me fait penser à
...). En cela la représentation en rosace des possibles est
particulièrement appropriée.
Enfin, la correspondance entre aires
événementielles, qui relèvent du niveau conceptuel, et voix qui
relèvent du niveau linguistique, montre le caractère contingent des
représentations linguistiques.
Prenons un premier exemple. « J’ai
faim » et « je suis affamé » relève de l’aire a
, le premier se rattachant à la voix descriptive DES3, tandis que le
second à la voix descriptive DES1. Il s’agit d’un pur hasard de la
langue, car en anglais « j’ai faim » se dit « I am
hungry » qui serait de la voix DES1. De même « il mesure
200 mètres » ou « il fait 200 mètres de long »
(DES2) se dit en anglais « It is 200 meter long » (DES1),
etc.
Second exemple : l’affinité entre le situatif
notionnel et l’adjectif qui relève de la voix DES1. « je suis
en colère » est un situatif notionnel du seul fait que la langue
française ne possède pas d’adjectif pou exprimer l’état de
colère momentané, alors qu’elle en possède deux pour exprimer la
propension permanente à se mettre en colère :
« coléreux » et « colérique ». En espagnol, la
distinction entre l’état momentané et l’état naturel et permanent
ne sera pas opérée au niveau de l’adjectif, mais à celui de l’auxiliaire,
qui sera « estar » dans le premier cas, et « ser »
dans le second.
Troisième exemple proposé par B. Pottier (les deux
premiers étant de nous), qui illustre le passage de a
à l au sein du français : « être
embarrassé » (a ) est sensiblement
équivalent à « être dans l’embarras » (l
). De même que « ne plus être réservé » et
« sortir de sa réserve ».
Quatrième exemple de classification d’une grande
finesse, mais dont l’exploitation en traitement automatique peut
soulever des difficultés : la distinction entre la possession
impliquée (« j’ai peur, j’ai faim, il a vingt ans, il a deux
jambes »), qui exprime une relation attributive avec une forte
porosité entre DES1, DES2 et DES3, relève de a
et la possession non impliquée qui équivaut à un constat de savoir
(« j’ai une voiture ») et qui relève de m
.
Quatre conclusions doivent être tirées
immédiatement de ces observations.
1) L’énonciateur dispose d’une multiplicité de
choix prédicatifs pour exprimer à peu près la même chose, moyennant
des nuances marginales qu’il faut le cas échéant être en mesure d’analyser.
Ex. :
a = la vache est un herbivore (a
et EQU-STA)
b = la vache est herbivore (a
et DES1-STA)
c = la vache est mangeuse d’herbe (a
et DES1-STA)
d = la vache mange de l’herbe (g
et DES2-CAU)
e = la vache mange de l’herbe, dit-on (g
et DES2-CAU + modalisation)
f = (regarde!), la vache mange de l’herbe (l
et DES2-CAU + modalisation)
Heureusement, le langage normatif ne s’embarrasse
pas de toutes ces nuances que l’on retrouve au contraire dans le
langage parlé ou dans le langage littéraire, théâtrale ou poétique.
2) Si les voix peuvent se retrouver sans trop de
variation d’une langue à une autre, en revanche la répartition des
expressions entre les voix peut apparaître assez souvent, comme nous l’avons
vu, contingente et étroitement liée à une langue particulière. Par
conséquent, la théorie des voix se situe clairement au niveau
linguistique et non au niveau conceptuel, à la différence de la rosace
des possibles qui se situe au niveau noémique. L’important est,
à partir d’une analyse linguistique, de pouvoir atteindre le niveau
conceptuel. Si les traits purement linguistiques peuvent être
mémorisés, on doit être en mesure de retrouver à peu près le texte
initial dans la langue d’origine. Si l’on ne retient que les traits
de niveau conceptuel, on doit en principe disposer d’un champ de
solutions parasynonymiques plus étendu.
3) La détermination de la voix dépend d’éléments
syntaxiques et sémantiques variés au sein de l’énoncé. Pour l’existentiel,
il s’agira de la présence d’un présentateur tel que « c’est »,
« il y a », « il était une fois », etc., pour
le descriptif cet élément sera l’adjectif combiné avec l’auxiliaire
être, un substantif spécifique combiné avec l’auxiliaire avoir...
4) Dans la détermination de la voix d’un énoncé,
l’analyse sémique va jouer un rôle prépondérant.
En effet, s’agissant des verbes, la présente de
sèmes d’identification de la voix permettra de les classer aisément
et d’établir la voix caractéristique de l’énoncé. Le verbe
« insérer » comporte un sème générique inhérent S qui
le positionne comme situatif et que son complément indirect permettra
de situer dans la domaine sémantique spatial, temporel ou notionnel.
Plus subtilement, la distinction que l’on doit opérer entre la
possession impliquée et la possession non impliquée trouve sa solution
au plan sémique. Dans « il a peur », la peur résultant d’une
activité psychique du sujet en réaction à son environnement, l’emploi
du mot « peur » dans le prédicat devrait impliquer la voix
subjective. Or, dans TAL, « il a peur » est classé DES3, en
tant qu’exprimant une sensation, ce qui n’empêche pas B. Pottier de
considérer le domaine des sens, de la perception comme un des trois
domaines sémantiques de la voix subjective. Nous avons du mal à ne pas
trouver une incohérence dans cette classification, d’autant que la
possession non impliquée (« j’ai une voiture ») est
classée DES3 dans TAL, alors qu’elle constitue le point d’entrée
de l’aire événementielle m de la
cognitivité, dans la mesure où elle exprime un savoir relationnel, un
« constat de savoir ». Nous serions tenté de proposer d’en
rester, s’agissant de la possession externe, à l’interprétation de
TAL, et donc de mettre ce cas en DES3, mais par contre de reclasser la
possession interne dans la voix subjective et dans l’aire m
lorsqu’elle exprime une activité psychique, ce qui est le cas des
expressions telles que « avoir peur », « avoir
faim », « avoir chaud », etc. Lorsque la possession
interne (partie du corps, parenté,...) exprime un fait objectif
(« il a deux jambes », « il a vingt ans »,...),
le classement dans la voix descriptive se justifie complètement. Ce
reclassement permet d’assurer une transition convenable entre les voix
et les aires événementielles étant observé que :
- l’aire a englobe l’équatif
et le descriptif statifs
- l’aire b correspond
à l’équatif et au descriptif évolutif et à tous les causatifs
- l’aire g correspond
au situatif
- l’aire m correspond
au subjectif.
- enfin l’existentiel de la rosace des possibles s’identifie
à la voix existentielle.
Il nous paraît que la voix s’intègre idéalement
à la notion de domaine telle qu’elle est employée par F. Rastier
dans la définition de la structure des sèmes génériques composant le
classème d’un sémème. Seulement, nous sommes bien obligé d’admettre
dans ce cas que le domaine se définit par au moins deux sèmes
correspondant respectivement à la voix et au statut.
Pratiquement, quel usage envisageons-nous de faire de
cette classification?
La première application consistera à déterminer la
voix de chaque énoncé.
Connaissant le sémème de chaque lexème, nous
allons «calculer » le sémème de chaque groupe, puis de chaque
syntagme. La combinaison des sémèmes du SV et du SN ou SA associé
doit nous permettre de déterminer la voix. Ainsi, dans « avoir
faim », l’auxiliaire avoir pouvant se trouver aussi bien en DES
qu’en SUB, l’appartenance de « faim » à SUB permet de
sélectionner la voix SUB.
Plutôt que de déterminer par avance les règles de
calcul qui président à la sélection des sèmes, à leur activation ou
à leur neutralisation, nous préférons procéder de façon empirique
et traiter suffisamment d’exemples pour mesurer les difficultés
rencontrées et déduire de l’analyse les régularités qui pourront
ensuite être reproduites de façon systématique.
En second lieu, dans la représentation que nous
allons donner de chaque énoncé sous forme de graphe conceptuel, au
lieu d’utiliser comme support de la relation directement le verbe, ou
le substantif, lorsque celui-ci désigne une relation et non une
entité, ainsi que cela est généralement pratiqué, nous allons
utiliser l’une des cinq voix valant classes sémantiques fondamentales
de relation, dont le verbe ou le substantif constitueront une occurrence
particulière entièrement définie par son sémème.
Sachant que chaque lexème dispose de son module
casuel, cette manière de représenter les énoncés est la seule qui
permette réellement, lors de la génération ou phase onomasiologique,
de générer différentes variantes d’un même graphe ou schème
conceptuel en relations mutuelles de paraphrase.
Ainsi l’énoncé : « l’éducation est la
première priorité nationale » prendra la forme :

Il va de soi que la relation peut être
caractérisée par d’autres traits :
- traits logiques : réflexivité, symétrie,
transitivité. Nous espérons pouvoir exploiter ces caractéristiques.
En effet, comme le souligne G. Sabah (1990, p.90), « l’intelligence
artificielle est principalement intéressée par une représentation de
la phrase à partir de laquelle des raisonnements portant
essentiellement sur le sens pourront être menés ». La
caractérisation des relations portées par les verbes ou les
substantifs représentatifs de relations, permettent de construire des
raisonnements.
- le temps et l’aspect, catégories bien connues en
syntaxe.

En base de données :
|
nom |
type |
objet |
Dét. |
|
droit(1) |
SN |
« le droit à l’éducation |
|
|
chacun(1) |
SN |
« chacun » |
|
|
depos |
relation |
apos |
|
droit(1) |
est garanti à |
chacun |
Mais ils permettent de représenter des énoncés
complexes. Soit la suite du texte :
« Afin de lui permettre de développer sa
personnalité, d’élever son niveau de formation initiale et
continue, de s’insérer dans la vie sociale et professionnelle, d’exercer
sa citoyenneté. »

En base de données :
|
nom |
type |
objet |
Dét. |
|
G2 |
MA |
«afin de permettre à chacun de » +
G3+G4+G5+G6 |
|
|
G1 |
EN |
« le droit à l’éducation.....à
chacun » |
|
|
depos |
relation |
apos |
|
G1 |
avoir pour fin |
G2 |

En base de données :
|
nom |
type |
objet |
Dét. |
|
Æ |
SN |
Æ |
|
|
chacun(1) |
SN |
« chacun » |
Æ |
|
G3 |
SNt |
« développer sa personnalité » |
Æ |
|
G4 |
SNt |
« élever son niveau de formation
initiale et continue » |
Æ |
|
G5 |
SNt |
« s’insérer dans la vie sociale et
professionnelle » |
Æ |
|
G6 |
SNt |
« exercer sa citoyenneté » |
Æ |
|
depos |
relation |
apos |
relation2 |
etpos |
voix |
|
Æ |
permettre à |
chacun() |
(permettre) de |
G3 |
EXI/CAU1 |
|
Æ |
permettre à |
chacun() |
(permettre) de |
G4 |
EXI/CAU1 |
|
Æ |
permettre à |
chacun() |
(permettre) de |
G5 |
EXI/CAU1 |
|
Æ |
permettre à |
chacun() |
(permettre) de |
G6 |
EXI/CAU1 |

|
nom |
type |
objet |
Dét. |
|
chacun() |
SN |
chacun |
|
|
personnalité() |
SN |
personnalité |
*unité/défini |
|
depos |
relation |
apos |
relation(2) |
etpos |
voix |
|
chacun() |
developper |
personnalité() |
|
|
EXI/CAU1 |

|
nom |
type |
objet |
Dét. |
|
chacun() |
SN |
chacun |
|
|
niveau() |
SN |
niveau de formation initiale et continue |
* |
|
depos |
relation |
apos |
relation(2) |
etpos |
voix |
|
chacun() |
elever |
niveau() |
|
|
SIT/CAU1 |

|
nom |
type |
objet |
Dét. |
|
chacun() |
SN |
chacun |
|
|
vie(1) |
SN |
vie sociale et professionnelle |
* |
|
vie(2) |
gSb |
vie |
* |
|
sociale() |
gAdj |
sociale |
|
|
pofessionnelle() |
gAdj |
professionnelle |
|
|
depos |
relation |
apos |
relation(2) |
etpos |
voix |
|
chacun() |
insérer |
chacun |
(insérer) dans |
la vie sociale et professionnelle |
SIT/CAU1 |

|
nom |
type |
objet |
Dét. |
|
chacun() |
SN |
chacun |
|
|
citoyenneté() |
SN |
citoyenneté |
|
depos
|
relation
|
apos
|
relation(2)
|
etpos
|
voix
|
chacun()
|
exercer
|
citoyenneté de chacun
|
|
|
DES2/EVO2
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