Les
transferts de voix
De même que pour les syntagmes, on observe des
transferts de voix.
Pour une relation donnée, plusieurs voix sont
généralement possibles. Pour un même schème d’entendement, en
fonction du choix qui est fait au niveau du schème prédiqué, c’est
-à-dire le choix qui est fait de l’élément qui sera pris pour base
et du reste qui constituera le prédicat, on pourra obtenir par exemple
un existentiel (« il existe un malaise ») ou un descriptif
(« un malaise existe ».
En fait, pour chaque relation, il existe une voix
primaire et une voix ou plusieurs voix secondaires dérivées par
modification de la vision sur le module.
Ainsi, « le service public de l’éducation
est conçu en fonction des élèves » est une voix descriptive de
type 1, obtenue par dérivation d’un existentiel qui pourrait être
« on conçoit le service public en fonction... »,
formulation peu élégante et, de surcroît, qui ne met pas en valeur l’élément
sur lequel on veut insister qui est le service public. On aura l’occasion
de vérifier statistiquement la propension des textes juridiques à
recourir à la forme passive de préférence à une forme active
impersonnelle. Il convient de relever que le changement de vision n’implique
pas toujours un changement de voix : on aura « Pierre a blessé
Paul » (DES2 CAU), et « Paul a été blessé par
Pierre » (DES2 CAU), mais aussi, avec changement de voix,
« il arrive un train » (EXI2), et « un train
arrive » (SIT).