Nous avons pu dégager une progression dans l’analyse
qui part des niveaux syntaxique et microsémantique et procède ensuite
par agglomérations successives. Les étapes sont les suivantes :
·
identification des voies
·
identification des opérations
logico-normatives
·
agglomérations par juxtaposition
et/ou emboîtement d’opérations logico-normatives
·
thématisation en chaînes sous forme
d’arborescence et de liens transversaux
Au total, nous obtenons une structure objet complexe
et dynamique.
Les opérations logico-normatives forment un type d’objet
décomposable en sous-types et sous-sous-types.
Ces opérations élémentaires au niveau
juridico-sémantique sont appliquées à des entités élémentaires qui
subissent une transformation par :
·
ajout-modification de propriétés
statiques ou dynamiques
·
héritage (relation sorte de…,
être un )
·
décomposition (relation partie de…)
·
mise en relation
Tandis que les objets élémentaires, entités comme
opérations, s’intègrent dans des structures hiérarchiques propres,
les occurrences d’opérations élémentaires logico-normatives s’agglomèrent
en fonction du discours par thématisation pour former des structures
plus ou moins stables ou fluides. La stabilité de ces structures est
une caractéristique du texte normatif. Elles sont elles-mêmes des
objets fondés sur des agencements spécifiques d’entités-opérations
logico-normatives. Elles s’intègrent elles-mêmes dans des structures
thématisées plus globales existant formellement ou non sous forme de
chapitres, titres, parties et textes entiers.
La complexité est évidente. Le caractère dynamique
doit être souligné.
Ainsi que nous l’avons dit à plusieurs reprises,
un texte juridique n’acquiert son caractère de norme que par l’interprétation,
cette interprétation pouvant venir notamment de circulaires
d'application ou de la jurisprudence. De plus, le texte juridique est
toujours susceptible d’évolution, son statut peut changer
(abrogation, annulation, inapplicabilité notamment), son texte peut
être modifié. Même stables, les structures normatives sont donc
fondamentalement plastiques. Et, de cela, le système informatique doit
savoir tenir compte.
En même temps qu’elle est plastique, la structure
normative est unique. C’est une structure organisée dans laquelle la
position respective des éléments qui la constituent et les relations
qu’ils entretiennent sont porteuses de sens.
Imaginons le sens qu’aurait la constitution de la Ve
République si le titre II consacré au Président de la République,
avant le Gouvernement et le Parlement, était relégué après le
Conseil Economique et Social, sans qu’un seul mot, à la numérotation
des articles près, ne soit changé.
Nous concluons de cette observation que la validité
du système informatique impose qu’au terme de l’analyse, le texte
initial puisse être restitué en substance sinon à l’identique.
La question se complique dès lors que le sens du
texte ne dépend pas du texte seul, mais aussi d’autres textes, voire
des pratiques et usages qui se sont développés et qui ont également
fait prévaloir une certaine interprétation.
La solidarité entre le texte initial et ce que
nous appellerons des agents d’interprétation est une composante
incontournable du système qui doit donc être doté d’une capacité
de traçabilité.

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