Domaines sémantiques
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La langue 4 - 1 Théorie des voix

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Les domaines sémantiques

Chaque voix recouvre des domaines sémantiques précis.

L’existentiel (EXI) qui permet de présenter une entité, peut obéir à une vue prospective (« soit », « voici »), une vue coïncidente (« il y a », « il fait beau »), ou une vue rétrospective (« voilà », « c’est », « ça fait »). Inutile de préciser que ces trois vues correspondent à la fois à des noèmes, et à des sèmes génériques. Cette remarque est de nature à compléter ou à préciser la classification présentée dans TAL p. 95.

Le situatif (SIT) couvre les domaines sémantiques de repérage spatial, temporel et notionnel. Ces domaines sont également des noèmes et des sèmes génériques. Chacun est lui-même justiciable d’une décomposition plus fine. Par exemple, le domaine du repérage spatial peut recouvrir les notions suivantes :

- mouvement/position

- approche/éloignement

- nature du repère (orienté ou non, intériorité ou non)

- orientation (verticale, horizontale)

- distance du repère

Cette analyse peut être poursuivie pour chaque domaine sémantique.

L’équatif (EQU) exprime une relation d’équivalence avec une entité de même nature. L’équivalence peut être plus ou moins affirmée et correspondre à trois niveaux d’intensité : l’identité (« Paris est la capitale de la France »), la similitude (« Paris est une ville de plaine ») et l’évocation (« Paris est une sirène ») (TAL p. 140). La similitude peut correspondre à la notion d’appartenance à une catégorie (« le chat est un félin », « l’association est une personne morale »). Equivalence, identité, similitude, évocation sont évidemment des noèmes et des sèmes génériques. Cette décomposition vient enrichir la liste déjà longue des relations s’inscrivant dans la grande classe noémique « Hiérarchies » (TAL p.95 et s.).

Le descriptif (DES) permet d’attribuer à une base toute caractéristique :

Pierre est gentil

Pierre court

Pierre se lève

Pierre a de la chance

Le descriptif connaît trois variantes : avec l’auxiliaire être ou tout verbe assimilé (DES1), avec un verbe intransitif (DES2), avec le verbe avoir et tout verbe assimilé (DES3)

Les descriptifs DES1 et DES2 couvrent de nombreux domaines sémantiques dont B. Pottier donne une liste :

Le descriptif DES3 couvre des domaines sémantiques qui se répartissent sur un axe continu allant de l’inaliénable (parties du corps, sensations, parenté...) (« Pierre a un nez ») à l’aliénable (possession externe) (« Pierre a une voiture »)

Le subjectif évoque les activités de la base, sans que la nature du prédicat soit affectée.

Les domaines sémantiques sont ceux de l’intention (pouvoir, devoir, vouloir), la perception (voir, entendre, sentir), la cognition (croire, savoir, connaître).


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