Tous les développements en informatique
juridique
ont été jusqu'à présent fondés sur une analyse
informatique classique conduisant à la réalisation de modèles
variables dans la forme selon les méthodes d’analyse ou de
conception employées, mais que l’on peut qualifier tous de modèles
conceptuels, que ceux-ci s’attachent aux données ou aux
traitements.
Même une méthode comme la méthode K.O.D. (Knowledge
Oriented Design) ne s’écarte pas de la démarche classique. La méthode
de représentation des connaissances
qui recouvre toute la phase de spécification globale du
système (SGS) s’effectue en deux temps :
n
une modélisation
de l’existant débouchant sur trois types de modèles
Þ
le modèle
pratique des données (MPD)
Þ
le modèle
pratique des traitements (MPT)
Þ
le modèle
pratique des règles (MPR)
n
Dans une seconde étape, le cognicien applique aux modèles
pratiques certaines méthodes de contrôle, d’analyse et de
structuration de la connaissance qui déterminent une
« modélisation
cognitive de l’existant qui comporte :
Þ
une modèle
cognitif des données (MCD)
Þ
un modèle
cognitif des traitements et des contraintes (MCTC)
Þ
un modèle
cognitif des règles (MCR)
Ces méthodologies ont pour objet la
représentation de savoirs et de savoir-faire qui ne sont ni
nécessairement ni généralement écrits.
Par contre, le traitement des textes normatifs,
qui sont toujours écrits par définition
, qu’il s’agisse des textes ou énoncés normatifs originels ou qu’il
s’agisse de leurs multiples applications et interprétations
jurisprudentielles ou doctrinales, ne peut manquer de poser le
problème du traitement sémantico-linguistique automatisé ou plus
modestement assisté par ordinateur.
Posant la question du traitement linguistique,
on est conduit à deux autres questions : celle de la relation
entre l’informatique et la linguistique, et celle plus profonde du
rôle de la langue et de la linguistique, dans le processus d’interprétation
et de compréhension.